vendredi 16 février 2018

Délices botaniques. Merci Gwen !

Le zardindesdelices, gwenzardin, vous connaissez ? Je ne saurais assez la remercier d'avoir mis en lien dans son article du 19 janvier dernier la formidable vidéoconférence de Francis Hallé : "Un arbre tout neuf" donnée en mars dernier lors de la 3ème édition de "Quand les arbres se font la malle" (week-end bisannuel de rencontres botaniques organisé par la Klorane Botanical Foundation (74). Je connaissais la renommée de cet éminent botaniste - médiatisé lors de ses expéditions sur la canopée des forêts tropicales - mais n'avais jamais eu l'occasion de l'écouter. Installez-vous confortablement sans être dérangés pendant une heure pour visionner la vidéo car...on en sort secoué ou à tout le moins remué.
 Un jeune hêtre planté en 2013 sur le talus, amené à dominer les repousses d'ormes  qui hélas ne durent pas au-delà de quelques années depuis la propagation de la graphiose. Qu'en dirait Francis Hallé?
Ses recherches et celles d'autres équipes internationales révolutionnent (le mot n'est pas trop fort) les connaissances sur l'identité et les performances du végétal dont celles concernant les arbres. J'avais bien relevé par expérience qu'un arbre, contrairement à nous, pauvres animaux simplets, avait la capacité de se régénérer et de rajeunir si je puis dire. (J'avais vu surgir d'un vieux pommier demi-tige en espalier, couché et pratiquement moribond, un rejet très droit et vigoureux ; quelques années plus tard devenu "un arbre" il donnait ses premières pommes qui se révélèrent être de délicieuses Winter Banana).  

La réalité est bien au-delà et Francis Hallé en parle à la fois avec maestria et simplicité (non dénuée d'une pointe d' humour qui fait penser à Raymond Devos). Depuis je regarde les grands arbres du jardin différemment, avec encore plus de respect. Comme l'ensemble des vidéoconférences des 2 éditions 2015 et 2017 de "Quand les arbres se font la malle" sont en ligne (lesplantessefontlamalle.wordpress.com), il y a de quoi nourrir notre passion et soif de découvertes avec les plus grands spécialistes. Très bonnes soirées!

mardi 13 février 2018

Incorrigible jardinière

On l'a lu maintes fois, on le sait et on fait quand même la bêtise... Acheter une hellébore en dehors de la période de floraison et donc sans l'avoir vu en fleurs ! En décembre passant un peu par hasard au rayon plantes d'une jardinerie et l'occasion faisant la larronne, je m'étais laissée tenter par une hellébore orientale simple pourpre (d'après l'étiquette). Une hellébore qui viendrait compléter fort à propos celles en place au pied de l'acer griseum (h.orientalis orangée, hybride Martine Lemonnier lie de vin) et s'intercaler entre des épimediums grandiflorum (caducs).

Damnation! Fallait-il être naïve et ne pas suspecter qu'une étiquette puisse être volage ou révélatrice d'une simple erreur lors d'un tri de semis. Un mois plus tard l'hellébore ouvrait une première fleur (très) double rose layette..... (peut-être opportune dans une scène romantique, mais là totalement incongrue).

 Une hellébore orientale simple "maison" issue de semis (h.purpurescens et h. orientalis blanche)

Ni une ni deux, un peu vexée je lui ai substitué une deuxième hellébore orientale orangée rapidement commandée sur le web. Perplexe j'ai eu peine à trouver au "bébé rose" une place..qui reste provisoire (au milieu de la coulée des hydrangeas). Plus sophistiquées que les simples à mon sens les hellébores orientales doubles ont tendance à faire "too much", voire à être un peu racoleuses. (Ceci n'engage que moi). Elles sont cependant très à la mode si l'on en juge les nombreuses nouvelles créations aujourd'hui commercialisées. 
 
 La même aussi jolie lorsqu'elle commence à monter en graines.

Pour le moment le "bébé joufflu" ne tient pas la comparaison avec les h.orientales simples rose et vert ou délicatement blanc rosé tellement plus gracieuses. Donc comme dit l'adage j'ai juré que l'on ne m'y reprendrait plus. 
Une autre hellébore orientale rose de semis glissée entre des fougères persistantes (dryopteris atrata)

samedi 10 février 2018

Oserai-je, n'oserai-je pas?

J'ai osé commander des arbustes relativement sensibles au froid relativement peu faciles à trouver : le rhododendron fragrantissimum (pour relayer le parfum des lonicera fragrantissima...) et le cornus hongkongensis tolérant jusqu'à -12° mais sensible aux vents secs et froids. J'ai passé commande sur un site web (que l'on m'avait conseillé et qui semble tenir sa Promesse, vu le soin de l'emballage, la vigueur des plants reçus....). La rapidité de l'expédition m'avait permis de les planter à un moment favorable, en janvier lors de températures de grande douceur. Mais maintenant?
Les boutons bientôt prêts à fleurir du rhododendron fragrantissimum

C'est un dilemme dans cette période incertaine de bouleversements climatiques d'introduire des plantes qui risquent de souffrir d'un excès de chaleur ou au contraire être atteints par un épisode glacial. Car les températures en réalité font des yo-yo, brutalement, remettant en cause la rusticité renommée d'une " zone littorale protégée" au climat océanique, classée 7 ou 8 voire 9 selon le classement. Le soin porté au choix de l'emplacement ne fera pas tout (cf. article précédent...). Je me rassure (un peu) à la pensée que si les températures restent plus froides, les jeunes feuilles des acer palmatum seront au débourrement plus colorées.

Et puis "pailler, pailler... il en restera toujours quelque chose". Hélène (rougecabane. cf commentaire de l'art.précédent sur l'erythronium) confirme l'intérêt du paillis de gravier observé chez une autre Hélène à Dublin. Ici outre les feuilles mortes des chênes (très abondantes), les bouquets d'aiguilles de pins cassés par le vent sont ramassés et déposés au pied des plantes acidophiles un peu fragiles. En faisant attention de laisser dégagé le pied lui-même.
 Hydrangea et crocosmia laissent l'air circuler au pied du prunus (le Vastérival) 
Une précaution sur laquelle insiste Dominique Cousin : laisser le collet libre à la base du tronc afin de ne l'étouffer. Son rôle est important dans les échanges gazeux entre la partie aérienne et la partie en terre de la plante.

mardi 6 février 2018

Au vent mauvais, quelquefois malheur est bon !

Après les températures trop douces et l'atmosphère quasi-printanière de ces dernières semaines, après  les pluies abondantes et sans cesse répétées qui ont incité les plantes à ne pas interrompre ou à reprendre trop tôt leur végétation, le vent glacial et tempétueux du nord-est remet "les pendules à l'heure".
 Les Pieris japonica "Forest Flame" en boutons depuis plusieurs semaines

Car il y avait à craindre comme l'an passé que des gelées tardives et brutales de seulement -1° à -5° abîment soudainement des plantes déjà en pleine sève et provoquent même dans certains cas leur dépérissement total et définitif...(y compris de plantes qui  supportent habituellement des températures très largement négatives de  -15° à -20° ainsi que l'explique Joseph Le Cam des Pépinières Botaniques Armoricaines).

Il n'empêche. Ce sera bientôt l'heure du verdict : a-t-on bien assuré la protection des jeunes plantes fragiles aux vents froids et desséchants ? Les filtres aux courants d'air et aux vents dominants créés par la plantation d'arbustes caducs très branchus - fusains, aubépines, noisetiers, amélanchiers, stephanandra tanakae... seront-ils suffisants?
 Les tout premiers chatons d'un jeune noisetier planté près d'un vieux cotoneaster lacteus (conservé) en bord de route.

Quant à la reconstitution de la haie libre et naturelle sur le haut du talus (les quelques vieux chênes, repousses d'ormes, deux sureaux ayant été seulement conservés), cette haie se reforme d'année en année depuis la suppression totale des 20 cyprès de Leyland qui se sont trouvés cassés et couchés au sol sous l'effet des tempêtes ! (Ces cyprès, quelle fausse bonne idée : combien voit-on aujourd'hui de haies vieillies, rabattues en trognes et plumeaux sur leurs tronc et branches principales, ou devenues totalement hors d'échelle par rapport à la surface du jardin). 

La replantation du talus a été une priorité au démarrage du jardin : merisiers, hêtres, érable champêtre, sureau, noisetiers. A leur pied j'encourage le développement du fragon épineux (ruscus aculeatus) déjà présent et qui à lui seul est capable de freiner toute intrusion.

Désormais en avant du talus l'acer palmatum, l'hamamellis Jelena, les grandes fougères persistantes ne sont plus bousculés. Et les frondes des polystichum setiferum gardent fière allure cet hiver....
  

dimanche 4 février 2018

En attendant l'erythronium

Une photo sur laquelle on a craqué ou la recommandation d'un grand (ou grande) jardinier (ère) sont parfois à l'origine d'un achat "coup de coeur", sans que l'on ait vu la plante "en vrai". En l'occurrence ce fut ici le cas de l'erythronium "Pagode" (un hybride  horticole de 2 espèces de la famille des Liliacées, originaires de la côte ouest des USA). Ce bulbe est aussi doté du fameux Award of Garden Merit de la Royal Horticultural Society. 

Une photo en gros plan de tiges courbes et graciles portant de fines fleurs de lys jaune pâle au coeur plus foncé avaient attiré mon attention sur cette bulbeuse (Anna Pavord. "Plants Partners". version française éditée par Sélection du Reader's Digest : "Accords parfaits").

 Une première tentative avortée ne m'a pas fait renoncer. Sans connaître pourtant la cause de l'échec : une trop grande sécheresse estivale alors que le bulbe avait été placé dans un lieu que je n'arrose jamais...? Les campagnols car dans le même temps le terrain s'en était trouvé infesté (comme beaucoup de jardins dans la région) ?

L'année suivante à Dublin dans le célèbre jardin d'Helen Dillon les erythoniums plantés au soleil (irlandais), émergeant çà et là d'un lit de graviers (à la fois drainant et gardant l'humidité) étaient magnifiques fin mars. Les belles touffes vigoureuses m'ont convaincu de tenter une nouvelle expérience. 
 En principe l'erythronium est recommandé pour la mi-ombre, les sous-bois clairs, fertiles, riches en humus... L'automne dernier 5 bulbes ont été plantés au pied du talus ombragé, assez espacés pour multiplier les chances... mais toujours proches de plantes que je surveille lorsqu'il fait très sec.  

Anna Pavord (op.cité) propose d'associer l'erythronium à des tapis de feuillages persistants car il disparait rapidement à la belle saison : asperule (galium odoratum), bugle rampante (ajuga reptans), pulmonaires...Ici les bulbes ont été rapprochés de petites fougères persistantes (dryopteris tus-simense), d'epimediums, et de petits disporopsis (disporopsis pernyi, disporopsis jinfushanensis) que je viens à peine de découvrir ! 

J'ai aussi suivi le conseil de Didier Willery et Dominique Cousin en entourant chaque erythronium de quelques perce-neige (galanthus nivalis) qui d'après leur expérience ne sont pas croqués et repoussent les campagnols. Ce moyen de protection des bulbes sensibles par des perce-neige est largement employé au Vastérival. (Un tel procédé a été utilisé ici avec succès- protéger une plante par une autre répulsive - pour sauver mes derniers thalictrums : cf. article du 25 août 2017).  

Les perce-neige sont en train de sortir. Il faudra guetter le réveil des erythroniums et ne pas trop attendre pour les protéger des limaces auxquelles ils semblent plaire plus que de raison...

mercredi 31 janvier 2018

Liquidambar et stewartia ou le lièvre et la tortue..

La vie devant soi, oui mais... En cette époque où le "tout tout de suite" fait presque force de loi, on a parfois peine à convaincre qu'au jardin il y a lieu de "donner du temps au temps".  5 ans, 10 ans, 20 ans.... Dans un nouveau jardin et pour éviter de se décourager, il est intéressant de rapprocher dans la même scène des arbres ou arbustes qui poussent vite avec d'autres qui effectivement prendront leur temps.

Je l'avais expérimenté au commencement de mon premier jardin en suivant les conseils de  Patricia Beucher et Jean-Paul Collaert , "Le Beau jardin du Paresseux" , c'est tout dire, une mine ! (réédité en 2000 par Ulmer). La plantation de 3 différents sureaux et de saules le long du ruisseau avaient en très peu d'années créé une première structure.
 Le "chantier" du futur sous-bois en octobre 2017

Ici en lisière ensoleillée du futur sous-bois (il sera protégé l'après-midi par les grands chênes), un liquidambar styraciflua Andrew Hanson joue le rôle du lièvre. Je l'ai choisi (outre sa croissance plutôt rapide) pour son port pyramidal étroit qui ne gênera pas ses voisins, son feuillage très découpé qui fait penser à un érable ...et ses magnifiques couleurs d'automne.  

Le stewartia pseudocamellia  quant à lui pourra atteindre peut-être 10m au bout de nombreuses années....Je table sur 4 à 5 mètres. Mais avant cela il sera tout de même très attractif.
Le stewartia n'est pas encore bien installé d'autant qu'il a été transplanté après deux ans, ce qu'il n'apprécie pas forcément (le sol ne s'avérant pas assez frais, il dépérissait et le laisser en place revenait à le condamner). Maintenant à sa place définitive depuis 3 ans le stewartia pseudocamelia a eu pour la première fois en 2017 un feuillage abondant et ses premières vraies couleurs d'automne rouge orangé. Les fleurs blanches en forme de petites fleurs de camellia, parcimonieuses les premières années ont été l'été dernier un peu plus nombreuses mais encore très petites (3cm plutôt que 5-6...).  Et il est beaucoup trop jeune pour laisser apprécier l'originalité de son écorce. 

jeudi 18 janvier 2018

Un jardin dans un paysage, le paysage dans le jardin

Faire venir le paysage jusqu'à la maison... Retrouver le parti d'origine des années 70 : une maison  "dedans-dehors" posée à mi-pente dans un cadre naturel. Une situation privilégiée et un site à préserver avec soin et modestie. Un "jardin sans limites". Mais comment ? Pas si facile en réalité. Tout réapprendre. A l'inverse de créer un univers clos sur lui-même, de tordre le site en le "jardinant", d'introduire des arbres, arbustes ou vivaces qui pourraient dévoyer le caractère du lieu. S'y glisser au contraire en soulignant par touches les facettes de son identité : une ancienne lande pauvre descendant vers la rivière, en lisière de bois de pins et de chênes ; vers le sud en limite  un vieux talus empierré et arboré avec au-delà un très grand champ cultivé.

Le terrain avait fait l'objet il y a quarante ans de plantations horticoles denses et variées d'espèces alors à la mode dans les jardins. (....Aujourd'hui dans le même contexte seraient plantés palmiers, oliviers, cordylines, phormiums ..). Nombre d'entre elles n'ont pas survécu, tant mieux. Plusieurs autres, incongrues, plantées trop serrées ou ayant mal vieilli ont pu être supprimées. Mais il reste pourtant de cette période de magnifiques sujets, arbres et arbustes qui mettent le site en exergue : le pin de Monterey entre les pins maritimes et les chênes, un cèdre (encore jeune) de l'Himalaya, un eucalyptus en lisière d'un boqueteau de pins, le magnolia liliiflora. Et sous les grands arbres, camellias, rhododendrons...J'ai pris la relève dans cet esprit.
 Un grand camellia et un rhododendron nain (non encore identifiés) conservés et soignés
Après bien des erreurs (dont celle de vouloir trop en faire...), j'applique quelques principes simples auxquels il me faut me tenir.

*Contrairement à ce qui est généralement prescrit ("jardiner autour de la maison et au loin préférer le naturel"), je tiens à l'écart les séquences et les différentes ambiances du jardin (une dizaine aujourd'hui quand même), sauf sur le pignon d'entrée en signe d'accueil. Les scènes du jardin s'appuient sur des arbres et arbustes préexistants, en sous-bois, le long du talus, au-delà des vieux pommiers... On les découvre de près, au détour de la promenade.
Un jeune schizophrama hydrangeoides planté à l'ombre entre 2 pins maritimes

*Ne pas vouloir "tout" investir, laisser tel que derrière la maison les bois de chênes et de pins qui se prolongent au-delà des limites.  J'avais fait l'erreur de planter un hydrangea aspera villosa  en lisière du bois. Trop présent dans cette ambiance il va être déplacé.

* Respecter strictement dans le choix des végétaux la nature du sol, plus variée qu'on pourrait le croire au prime abord, pour éviter les déconvenues, les échecs et les incohérences.... Au bas du terrain, la terre est plus riche, plus humide, dans le haut le sol est très sec et pauvre. Une chance.

*Sélectionner des arbres et arbustes intéressants pour leur feuillage, leur port et leur silhouette, leur écorce, plus que par leurs floraisons. Avec des exceptions : rhododendrons et camellias,  hydrangeas... Apporter des touches de couleurs oui mais non "flashy", qu'elles puissent juste éveiller l'harmonie douce des teintes changeantes du ciel, de l'eau, des troncs et des feuilles selon la lumière et les saisons.  
 
 L'hamamelis Jelena avec à son pied les longues feuilles fanées des iris lazica jouant le ton sur ton (celles aussi du hêtre marcescent en arrière-plan)

*Inciter des plantes indigènes et spontanées à prospérer sur le site (je les transplante là où elles contribueront à structurer le jardin) : merisiers sous les chênes et les pins ; noisetiers, houx, aubépines qui remplacent les pyracantha, forsythia, genêts d'Espagne dans la haie du bord de route; pulmonaires (pulmonaria longifolia), bugle rampant (ajuga reptans) en tapis entre les hydrangeas ou les rhododendrons nains... 
Un des très nombreux semis de pulmonaria longifolia 
Les premières fleurs des hellébores orientales blanches introduites
*Planter "en masse" une même espèce pour créer des plages à l'échelle des vues très ouvertes sur le paysage : ainsi de la bruyère d'hiver blanche (erica darleyensis x white glow et x white perfection), du saxifrage stolonifera en couvre-sol persistant sous le magnolia liliiflora nigra. 
 
 

Dans 4 séquences du jardin des espèces et hybrides différents d'epimediums dont je suis une fan quasi inconditionnelle.  

 Les teintes chaudes du feuillage d'hiver de l'epimédium x versicolor Sulphureum, un classique peut-être...mais une valeur sûre : 2 pieds divisés de mon ancien jardin ont formé en peu d'années un couvre-sol à toute épreuve sur plusieurs m2.   

vendredi 12 janvier 2018

Un rescapé méritant, le camellia japonica blanc

 
  Un rescapé, ce n'est rien de le dire. Je l'ai découvert à mon arrivée ici en 2012 couché au sol, quasi à l'horizontale, s'évertuant à survivre malgré tout sous un épais tas de branches d'eléagnus (trois pieds alignés laissés à eux-mêmes pendant une dizaine d'années...), les longues tiges des eléagnus parties dans tous les sens à l'assaut de camellias, rhododendrons et d'un arbousier de 6m de haut, allant jusqu'à dépasser sa cime...Je vous épargnerai le récit de l'énergie et du temps nécessaires pour rabattre ces tiges innombrables dotées de crochets recourbés qui s'accrochent sournoisement sur tout support à leur portée.

Sans plus attendre et tant que faire se peut j'ai ensuite relevé et tuteuré avec précaution le tronc principal du camellia...qui depuis me le rend bien. 
 Au commencement il a continué de pousser à l'horizontale comme s'il avait pris le pli. Je n'ai pas cédé et vérifié le tuteurage régulièrement. La lumière retrouvée il a peu à peu au fil des années, d'abord timidement, maintenant avec vigueur, redressé ses branches latérales. Il s'élève progressivement et atteint cette année 2m de haut.

Sa floraison blanche en fleurs simples aux étamines dorées fut parcimonieuse les premières années. Elle est cet hiver éblouissante. C'est un camellia précoce : l'automne ayant été doux, les premières fleurs sont apparues avant Noël. Et il fleurira sans discontinuer jusqu'en avril. Quel est-il ? Une variété classique, peut-être le camellia japonica Madame Lourmand créé à Nantes en 1908? J'en aime bien l'idée.  
 Pendant longtemps j'ai guetté sur le tronc (sans résultat) le bourgeonnement de nouvelles pousses qui puissent rééquilibrer sa silhouette (assez "tordue" je le reconnais).  L'automne dernier pour la première fois après cinq ans de soins j'ai pu observer 2 yeux, bien placés en bas du tronc, promesse d'un développement futur.

lundi 8 janvier 2018

Que la fête (des fleurs d'hiver) commence ! Avec le cornus officinal

Finis les jours sombres de novembre-décembre, la lumière plombée la plupart du temps hormis quelques rayons de soleil rasants éclairant subitement le jardin. Pourtant des frémissements annonçaient précocement le retour du printemps : grossissement des boutons à fleurs (rhododendrons, magnolias, cornouillers...), premières fleurs du précoce hamamellis Jelena, apparition des cyclamens coum ... 

Ce début janvier, malgré les épisodes répétés d'une météo (très)venteuse et pluvieuse les fleurs d'hiver sont bien là : et d'abord celle du cornouiller officinal (cornus officinalis), un de mes arbustes préférés, puis des hellébores orientales qui s'élèvent à vue d'oeil, des perce-neige.... J'y reviendrai. Ce cornus officinal (cf. article du 31 janvier 2008) a été transplanté encore jeune (en place depuis quatre ans et demi tout de même...) de mon ancien jardin de ville. Je le savais a priori résistant à la sécheresse et costaud : ceci s'est avéré et mieux que cela. 

Dans un contexte bien différent, sur la pente d'une ancienne lande, au bord du chemin, en avant-plan du grand pin de Monterey (pinus radiata ou insignis) qui domine le site, il s'est acclimaté dès la première année. Même si bien entendu il a mis trois ans pour trouver vraiment ses marques c'est à dire commencer à reprendre du volume et de la hauteur. 
En décembre à peine ses feuilles tombées après avoir pris de jolies couleurs mordorées pendant quelques semaines les boutons à fleurs étaient déjà bien visibles.  
Cette première floraison d'hiver qui commence tout juste me met en joie: à la fois lumineuse et discrète, fidèle d'année en année.

Comme le paysage est très ouvert et les vues larges, un tout  jeune hammamellis Pallida, jaune pâle, vient d'être planté loin en arrière-plan et en décalé. Il est en fleurs aussi, les deux dans quelques années entreront en résonance.
 Il n'y a plus qu'à attendre la floraison des primevères sous les grands chênes... Ne pas croire pour autant qu'il s'agisse d'une recherche monochrome. La palette intègre les roux (feuilles de chêne au sol, branches des stephanandra tanakaé et de l'acer palmatum de semis, mâtiné d'acer palmatum Senkaki certainement), les fonds verts brillants ou mats (houx, rhododendrons persistants), les argentés (feuilles ponctuées des pulmonaires, pulmonaria longifolia spontanées ici).

dimanche 10 décembre 2017

Parfum d'hiver...issimum ! Le lonicera fragrantissima

Il se laisse oublier quasiment toute l'année : un port un peu lâche et brouillon s'il n'est pas suivi régulièrement par une taille adaptée, un feuillage neutre caduc ou semi-persistant selon les températures hivernales, des fleurs discrètes, un arbuste qui ne fait pas la une. Modeste aussi par son origine, on sait peu de lui hormis qu'il est originaire de Chine, il n'est connu qu'en culture. Pourtant c'est un de mes préférés. Chaque hiver, je m'émerveille comme la première fois de son parfum citronné d'une subtilité sans égale. Cette année dès les derniers jours de novembre, les deux spécimens plantés ici dans des conditions bien différentes et de provenances diverses ont commencé à fleurir.  

Peu sensible à la nature du sol, le lonicera fragrantissima se plait également au soleil et à mi-ombre. Il supporte la sécheresse mais j'ai préféré le premier été suivant la plantation d'un jeune plant ramené du Vastérival pailler son pied.  Il fleurira par vagues et embaumera autour de lui une grande partie de l'hiver, réconfortant et tonique. 

Le lonicera fragrantissima occupe en 4-5 ans un beau volume de 2mx2m et continue à prendre de la vigueur d'année en année. Pour qu'il reste élégant et ne vieillisse pas, je prends soin de supprimer à la base les vieilles charpentières au profit des rameaux vigoureux apparus sur la souche. Et je taille de même au milieu et en tête de l'arbuste, en gardant les jeunes rejets de couleur claire qui se forment à mi-hauteur sur le bois de l'année précédente. Ceci permet de supprimer le bois mort ou faible et d'aérer le centre de l'arbuste avec en conséquence une végétation plus saine.  (En cas de doute sur le mode de taille d'un arbuste, je me réfère toujours à l'ouvrage de Pascal Prieur "La taille raisonnée des arbustes d'ornement" paru aux éditions Ulmer. Un vocabulaire scientifique un peu complexe pour une simple jardinière mais une méthode basée sur l'observation accessible à tous). 

vendredi 17 novembre 2017

Imperturbable l'achillée millefolium Salmon Beauty (ou Lachsschönheit)

On la dit fleur d'été, de juin-juillet à septembre, voire octobre. Sur la pente herbue en sol sec et pauvre, au soleil (une ancienne lande)  elle ne cesse de refleurir après un passage de la tondeuse en septembre..., jusqu'à quand, aux premières gelées je suppose. Une aubaine pour les insectes qui n'ont plus grand choix. 
 S'ouvrant d'un rose saumoné bien coloré l'achillée Salmon Beauty pâlit avec le temps en blanc crème sans pour autant se confondre avec l'achillée millefolium "sauvage" plus terne, blanchâtre (parfois par chance, rosée...). La modestie de cette vivace (ses tiges ne dépassant pas 60cm en hauteur) la classe parmi les faire-valoir plus que les plantes vedettes. Reconnue bonne compagne des rosiers qu'elle protège, elle est aussi jolie dans une prairie fauchée deux à trois fois par an. 
 Qu'on se s'y trompe pas : cette achillée est vigoureuse (comme l'indigène mais peut-être moins sournoise, celle-ci glissant ses longs rhizomes entre les plantes voisines pour émerger plus loin, là où on ne le souhaite pas), capable de s'étaler rapidement en un tapis serré qui ne laissera rien passer. Un couvre-sol à diviser pour qu'il reste florifère. Il est trop tard maintenant, mieux vaut attendre le printemps. Je compte la rapprocher du mini potager et des pommiers : plante hôte d'insectes auxiliaires, elle attire les butineurs (syrphes, chrysopes, coccinelles...), parasites du puceron, de la cochenille. La diviser est le seul moyen d'en conserver la variété, c'est à dire la couleur.

samedi 11 novembre 2017

Vient le temps des hellébores orientales

Déjà? Non. Précisément celui d'un hybride étonnant l'hellébore Martine Lemonnier (hellebore orientalis x hellebore niger), en fleurs depuis les premiers jours de novembre. Il le sera sans interruption jusqu'en avril.  C'est trop tôt pour les h.orientales, les boutons ne sont pas sortis. J'ai planté au jardin l'hybride Martine Lemonnier en hommage à cette grande professionnelle qui a fait découvrir les hellébores en France il y a une vingtaine d'années.  Elles sont de grande longévité : j'ai toujours au jardin (ainsi que de nombreux plants issus de leurs semis et croisements spontanés) la première h.orientalis blanche et l'h.purpurascens découverts auprès des pépiniéristes normands. 

 Par chance les h.orientales sont accommodantes en ce qui concerne la nature du sol. Aucun (ou aucune?) des hellébores apportés de mon ancien jardin ne souffre de l'acidité. Mais les h. foetidus, h.argutifolius, h.sternii etc... sont restés sagement là-bas en terre basique et aucun de ceux qui poussent naturellement en sol calcaire ne sera tenté. J'ai observé une seule modification : un plant d'hellébore double initialement d'un rouge profond s'est décoloré ici en deux ans ; devenu rose très pâle j'ai dû le transplanter dans une autre séquence du jardin. La princesse Sturdza recommandait de faire les transplantations pendant la floraison afin de bien accorder les coloris. Je suis son conseil. Lorsque les nouveaux plants issus de semis fleuriront pour la première fois, ils seront déplacés selon leur tonalités pour conforter différents massifs. Les hellébores méritent leur succès actuel. Ils sont à la mode, un peu trop? si l'on en juge les surenchères de créations toujours plus sophistiquées.  Ils ou elles demeurent quoi qu'il en soit une des meilleures fleurs d'hiver. 

mardi 31 octobre 2017

Ces lumineux saxifrages japonais

Journée "Portes ouvertes" et expo-vente l'autre week-end à la pépinière "Sous un arbre perché"  (à quelques encâblures de la côte nord Bretagne entre Morlaix et Guingamp). Une précieuse opportunité : chacun a pu observer en détails les variations des différents saxifrages fortunei cultivés ici. Tous sont si lumineux et vifs qu'un seul plant éclaire une zone d'ombre. En tapis ils créent une scène très colorée presque à contre-temps des ambiances automnales. Plusieurs hybrides ont toutes les qualités pour enchanter ceux et celles qui aiment le rose.  

Pour ma part j'ai choisi le saxifrage fortunei Blackberry & Apple Pie aux fleurs blanches, feuilles et tiges piquetées de rouge, un bon compromis dans une scène naturelle. Et j'ai associé au jardin un plant du saxifrage fortunei tout simple rose très pâle au feuillage de l'hydrangea serrata Water Sapphire qui a pris depuis un bon moment de sublimes teintes orangées (cet hydrangea a vraiment besoin de lumière pour bien se colorer à l'automne...mais d'ombre en plein été. Un sureau le protège et comme cet arbre perd tôt ses feuilles...). J'ai regretté ensuite d'avoir hésité devant le saxifrage fortunei var.incisolobata Setomidori aux fleurs abondantes vert tendre (primé par la SNHF en 2011 et prix des collections à Courson en 2014). Ce n'est que partie remise.  
On a tout lieu de se réjouir de la relève assurée par les nouvelles générations de pépiniéristes. En l'espèce (sans jeu de mots...) les passions et la ténacité de Fabrice et Olivier ont reçu la récompense du label Collection nationale pour les hydrangeas serrata, pour les hydrangeacées (des vivaces de la même famille que les hydrangeas) et pour les saxifrages qu'ils ont rassemblés, certains créés, présentés in situ en sous-bois à l'entrée de la pépinière.  Parmi les nombreux hydrangeas serrata, ils cultivent le Woodlander que je recherchais depuis si longtemps. J'ai aussi découvert grâce à eux cette année les cardiandra (une hydrangeacée). Mais ceci est une autre histoire...ou plutôt sera l'objet d'un futur article.

mercredi 18 octobre 2017

Le saxifrage Wada plus "à la mode"? Dommage...

Un méritant ce saxifrage japonais. Dans son milieu d'origine il prospère sous de grands arbres caducs, en sol neutre ou acide, frais et bien drainé, enrichi naturellement chaque année par le terreau de feuilles. Présent de longue date dans mon ancien jardin il a fait partie des transplantés, l'appréciant beaucoup à la fois pour les couleurs recto-verso de son feuillage (vert bronze/olive et rose/rouge bordeaux) et la délicatesse de ses fleurs en grappes d'étoiles blanches capables d'éclairer à elles seules un coin (et un jour...) sombres en automne.  Je l'ai maltraité ici plusieurs années, m'obstinant à l'installer dans un talus (où l'humidité régulière dont il a besoin n'était pas garantie). Il s'est affaibli et j'ai douté de son avenir.  Déplacé en fin d'été non loin d'un hydrangea serrata Mont Aso il s'est refait une santé en quelques semaines et je ne doute plus qu'il retrouve progressivement son envergure (0,50x0,50cm). On peut l'affirmer robuste et de longue durée!

Pourtant il ne figure plus que rarement aux catalogues de vivaces, (sous un de ses deux noms saxifrage fortunei "Wada" ou "Wada's Form") au profit du plus flashy "saxifrage cortusifolia Black Ruby"  (d'une autre espèce), fleurs rose intense sur un feuillage pourpre noir ou d'hybrides sophistiqués cultivés en pot dont sont très friands les japonais. J'attendrai donc (un certain temps...) pour le diviser.

samedi 7 octobre 2017

Comment dites-vous, Isodon?..... (ou Rabdosia japonica) ssp shikokianus

Cette vivace d'origine japonaise de la famille des Lamiacées (Labiacées) a été une découverte du printemps 2017 sur une fête des plantes. Stéphane Bellec en était enthousiaste : une plante "facile", tolérante au froid (z.6 en rusticité). J'ai suivi à la lettre ses conseils avertis et l'ai planté à la mi ombre, en sol frais, curieuse de sa floraison très tardive (pas avant octobre). Mais l'isodon ssp shikokianus n'a jamais donné de signe de fatigue. Je l'ai rapproché d'une autre japonaise appréciant la fraîcheur, un hydrangea (qu'il faut de toute façon surveiller et arroser en tant que besoin). Vigoureux l'isodon a occupé en une saison un beau volume de quasi 1m en tous sens, avec de longues tiges très évasées et un feuillage léger dentelé, discret l'été, ne volant pas la vedette au sublime hydrangea Odoriko Amacha voisin.  Et donc j'ai attendu, curieuse de sa floraison automnale. Le feuillage s'est éclairci en même temps qu'apparaissaient les fins boutons à fleurs: ils s'ouvrent maintenant en grappes de minuscules fleurs d'un bleu mauve et violet inimitable.
 

 
 Ce genre m'était jusqu'à présent totalement inconnu et je ne saurai dire les différences avec le  isodon longituba, ailleurs commercialisé. Se documenter n'est pas simple. Pour leur part Maxime et Aurélie Van De Sande de la pépinière Vert ' Tige (22) cultivent plusieurs isodons inscrits à leur catalogue en ligne. Dans son ouvrage de référence "Cultiver les plantes de Chine et du Japon" (éditions Ulmer. 2012) le botaniste Cédric Basset consacre aux isodons une pleine page et son formidable  site web www.asianflora.com les détaille en photos......A la pépinière des Avettes (71) qu'il a créé après ses grands voyages il en propose 8 différents. A suivre...



 

dimanche 1 octobre 2017

Un grand "pro", passionné...et responsable


Devant le stand de Stéphane Bellec ce week-end à Kerplouz (Auray-56), une présentation de succulentes rustiques ou "plantes grasses vivaces" attirait inévitablement le regard par la maîtrise et la grâce de sa composition. Très inspirante pour une vieille auge en pierre délaissée trouvée dans le jardin en arrivant (percée heureusement). Ce producteur enthousiaste vous fait toujours connaître de belles découvertes, insatiable qu'il est. Tout petit déjà il collectionnait les vivaces en un temps où en France l'engouement n'était pas encore. Il a voyagé au bout du monde, s'émerveille de l'extraordinaire diversité des plantes dans la nature et de leurs capacités d'adaptation aux conditions les plus extrêmes, récolte des graines, expérimente, teste l'acclimatation...avec la plus grande prudence. Car il ne s'agit pas d'introduire des plantes qui s'avéreraient ici invasives. Il a trop vu au Chili les conséquences néfastes de l'introduction de plantes par les Européens à l'époque de la colonisation. Et donc il supprime beaucoup, retient peu, mais les plantes qu'il vous recommande, des valeurs sûres, ne déçoivent jamais.
Dans le même temps Nathalie Bellec binôme de ce couple discret de pépiniéristes était ce week-end au château de la Bourbansais (35).  Ils seront au Domaine de Ker Hir à Trédarzec (22) le dimanche 8 octobre, au château de Pommorio (22) les 28-29 octobre, à Kervignac (56) le 5 novembre. Autant de chances pour vous si vous êtes en Bretagne de les rencontrer.

lundi 25 septembre 2017

Au soleil... ou à la mi ombre ?

 Ce dilemme, un rhododendron Cream Crest en a fait les frais cet été définitivement. Ce rhododendron nain aux délicates fleurs jaune primevère est présenté comme "résistant bien au soleil". Je n'avais pas été avertie lors de son achat qu'il faut le protéger des trop fortes chaleurs. Cet été avec les épisodes de canicule...le couvert d'un haut chêne n'a pas suffi. Il est sûr que le soleil n'est pas le même pour tout le monde, ici en Bretagne sud ou sur la côte ouest d'Irlande par exemple. A chacun donc d'apprécier selon sa localisation (et les influences constatées localement du changement climatique), l'orientation (soleil du matin ou du soir), le degré de protection des grands feuillus lorsque la course du soleil est au plus haut. Prudence, prudence, lorsqu'un descriptif annonce "le feuillage prend des couleurs au soleil...", "tolère le soleil"... A tout prendre je préfère dorénavant pécher par excès et planter plus à l'ombre et non l'inverse, plus risqué. Quitte à déplacer l'arbuste si j'observe qu'il ne semble pas s'épanouir. Ainsi d'un stachyurus praecox, d'abord planté très à l'ombre près d'un rhododendron, déplacé 2 ans plus tard à la mi-ombre d'un vieux noisetier. Il a en une saison triplé de volume et fleuri l'hiver dernier.  Qui plus est avec le soleil il se pare cet automne d'une coloration lumineuse dans les variations jaune, rose orangé, rouge.




Cela c'est une belle surprise...  

samedi 16 septembre 2017

Des années avec, d'autres pas

Quand un producteur de vivaces (alors qu'une belle inconnue vous séduit et vous tente) vous annonce "elle n'a pas une grande longévité, mais elle se ressème aisément..." et que vous vous lancez dans un nouveau et grand "jardin sauvage" ou "jardin naturel", vous avez tendance à penser qu'il s'agit d'une opportunité et la solution pour garnir rapidement un espace dénudé. Que nenni! Pendant 1,2, 3 (?)...ans, vous guettez sans résultat ces semis espérés. Et puis allez savoir pourquoi, une année est la bonne : 2017!  Quel plaisir alors de découvrir soit sur place près du pied mère, soit dans des lieux inattendus mais toujours "justes", ces semis en nombre qui créeront l'année suivante l'effet souhaité et mieux encore.  
 
  Il en est ainsi des corydales : le jaune ci-dessus (corydalis lutea), blanc crème (c.ophiocarpa), ou le c.cheilanthifolia (apporté de mon ancien jardin en 2012.cf article précédent). Celui-ci avait prospéré ici quelques années avant de disparaître complètement... En 2017 il est de retour en plusieurs endroits ombragés.
 
 












De même le geranium phaeum Samobor (prolifique dès la première année),le geranium sylvaticum Mayflower (discret,il faut attendre sa floraison pour le reconnaître) l'euphorbe dulcis Chaméléon.  En fait ces 2 geraniums et l'euphorbe sont plus durables qu'il n'y parait. Et aussi le geranium pyrenaicum Bill Wallis facile à supprimer si l'on considère qu"'il en fait trop", contrairement au geranium nodosum dont les racines charnues et résistantes s'enfoncent profondément si la terre est légère. Je préfère le supprimer pour éviter tout risque d'envahissement.